sestina

Vagues en dérive

Douloureuse elle fuit dans une nuit sans rêve
un nœud étroit musèle ses entrailles muettes
sa gorge tient serrés les sanglots en dérive
il aura donc suffi d’un printemps ténébreux
pour que se taise enfin le glas du désamour
dans ses entrailles sourdes à la pleine lumière

il en aura fallu des journées sans lumière
pour que son chant de pleurs se résigne à la trêve
pour que cesse soudain le glas du désamour
elle git alanguie dans ses rages muettes
enfermée dans le deuil d’un printemps orageux
qui la garde attachée sanglotante à la rive

elle se tient à l’orée de sa conque en dérive
attentive aux rigueurs de la pleine lumière
que finisse à jamais ce séjour caverneux
qui la vit s’abîmer dans un sommeil sans rêve
se perdre et se noyer en des rages muettes
en proie aux affres noirs du sanglant désamour

prisonnière alanguie en proie au désamour
elle se livre en aveugle à sa rage en dérive
et brame à la volée sa souffrance muette
pour que surgisse enfin dans la pleine lumière
la trame interrompue du tissé de ses rêves
et que s’exilent au loin les printemps orageux

que finisse aussitôt ce séjour ténébreux
que s’éloignent avec lui les rires de l’amour
que se tisse à nouveau un sommeil plein de rêves
et qu’ensemble tous deux coulant de rive en rive
ils puissent retrouver leurs jeux vers la lumière
évoluer sans fin loin des larmes muettes

s’envoler à jamais loin des rages muettes
et quitter pour toujours ce séjour caverneux
afin de renouer leurs jeux dans la lumière
et finir de languir dans un pieux désamour
libéré du désir de la rage en dérive
se couler à nouveau dans les vagues du rêve

loin des larmes muettes et regards orageux
s’adonner aux lumières, aux jeux d’eaux et d’amour
dans les rêves nouveaux de vagues en dérive

Angèle Paoli

***

Onde in deriva

Dolente fugge in notte senza sogno
costringe un nodo le viscere mute
la gola serra i singhiozzi in deriva
basterà primavera tenebrosa
a zittire il memento disamore
in viscere sorde alla piena luce

saranno occorsi giorni senza luce
perché il lamento accetti il suo bisogno
duro e taccia il memento disamore
indolente giace in collere mute
in lutto in primavera tempestosa
che l’incatena in singhiozzi alla riva

all’orlo della sua conca in deriva
tesa ai rigori della piena luce
finisca l’abitare cavernoso
che l’affondò in un sonno senza sogno
perdersi e annegare in rabbie mute
in cupo affanno di crudo disamore

langue in prigione in preda al disamore
si dà cieca alla sua rabbia in deriva
e brama al volo sofferenza muta
che sorga infine nella piena luce
la trama interrotta tessuto dei sogni
esiliate stagioni tempestose

finisca l’abitare tenebroso
sian lontane le risa dell’amore
si tessa di nuovo un sonno di sogni
e che insieme andando di riva in riva
ritrovino i giochi verso la luce
mutarsi avulso da lacrime mute

volar lontano dalle rabbie mute
lasciar per sempre il nido cavernoso
per riannodare i giochi nella luce
e finir di languire in disamore
liberato dalla rabbia in deriva
glissare ancora sulle onde del sogno

cacciati lacrime e sguardi in tempesta
darsi alla luce all’acque vive e all’amore
in sogni nuovi di onde alla deriva

traduzione rita r. florit



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